La « green attitude » est à la mode dans le secteur de la High-Tech. Les grandes entreprises cherchent à se donner une image plus écolo en promouvant de nouvelles initiatives bonnes pour l’environnement. L’accent est dorénavant mis sur l’assainissement du processus de production, la réduction de la consommation énergétique et le recyclage.
Au fil des années, de plus en plus d’industriels de l’électronique et de l’informatique se sont impliqués dans l’environnemental pour la préservation la planète. Le Consumer Electronics Show 2010 de Las Vegas, en janvier dernier, a été témoin de cette recrudescence de constructeurs davantage “responsables”. Sony, Samsung et LG se sont notamment illustrés en présentant des produits fabriqués à partir de matériaux recyclés, des batteries solaires et des écrans à diodes électro-luminescentes (LED).
Simple tendance ou réelle préoccupation ? Qu’est ce qui pousse les industriels à jouer la carte de la conscience écologique ? La question se pose inévitablement lorsqu’on sait que la loi du marché et de la concurrence ne s’accorde pas vraiment avec la notion de développement durable.
Les associations de défense de l’environnement dénoncent régulièrement le secteur de l’électronique comme l’un des grands acteurs de la pollution et du réchauffement climatique. La faute revient notamment à notre société devenue surconsommatrice du numérique. Les produits high-tech sont également des gros consommateurs d’énergie. Ils produisent de la chaleur et participent ainsi à l’augmentation du rejet de CO2 dans l’atmosphère. Ils sont généralement fabriqués à partir des substances chimiques et toxiques telles le plomb, le mercure et le lithium. Des métaux lourds qui sont difficiles à recycler. Le développement de la production et le renouvellement constant des matériels entrainent une augmentation de la quantité de déchets polluants. Chaque année, des tonnes d’ordinateurs, téléviseurs, téléphones portables et autres appareils électroménagers sont chaque année finissent incinérés ou enfouis sous terre sans le moindre recyclage.
Si les fabricants se montrent aujourd’hui plus enclins à l’écologie, c’est avant tout pour une histoire de législation. Les pouvoirs publics ont décidé de réagir et de mettre en place des nouvelles normes et règlementations plus strictes sur la production et le recyclage. Depuis 2002, la directive européenne RoHS (Restriction of Hazardeous Substances) exige que les entreprises doivent elles-mêmes prendre en charge la collecte, le recyclage et l’élimination des déchets électroniques.
Mais le respect des normes écologiques n’est pas la seule motivation. Prendre soin de la planète apporte aussi des avantages. Les entreprises ont réalisé qu’en économisant de l’énergie, elles gagnaient de l’argent. Par exemple, la réduction des emballages permet d’optimiser les coûts de logistique et de transport. L’image d’une entreprise respectueuse de l’environnement est également payante. De plus en plus de consommateurs ont développé une conscience éco-citoyenne et veulent des produits performants mais écologiques. L’écologie est ainsi devenue un argument de vente au même titre que les caractéristiques techniques d’un produit. Mais la high-tech écolo reste un produit cher, ce qui le rend encore peu accessible. D’après un sondage du site Les Numériques, ils seraient encore très peu à acheter du high-tech selon ce critère.
Pour que les consommateur s’y retrouvent, mais aussi surtout pour sensibiliser les industriels à être plus responsables, Greenpeace publie sur son site internet le « Guide for Greener Electronics ».
L’ONG établit chaque année un classement des principaux acteurs de l’industrie high-tech en fonction de leurs politiques de gestion des déchets électroniques et des produits chimiques, et de l’engagement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et l’efficacité de la consommation énergétique de leurs produits. Chaque score, noté sur 10, est basé uniquement sur l’information transmise au public via le site internet des entreprises.
Pour la 14ème édition de son classement, publiée pendant le Consumer Electronic Show, le géant finlandais Nokia garde la première place avec un score de 7,3. Le reste du podium se partage entre Sony Ericsson et Toshiba qui ont fait un bel effort pour proposer des produits dépourvus de composants toxiques. Au bas du classement, Lenovo, Microsoft et Nintendo prennent un carton rouge. Nintendo reste immanquablement à la 18ème et dernière place avec un score très faible de seulement 1,4. Apple qui s’est régulièrement vu attribuer le bonnet d’âne, a reçu cette année les encouragements de Greenpeace. An deux ans, Apple est passé de la 11ème à la 5ème place, notamment grâce à l’amélioration de ces critères d’utilisation de produits chimiques. Tous les produits Apple sont maintenant exempts de PVC et d’agents ignifuges bromés.
La « green IT » est devenu la référence en matière de progrès technologique. Certains industriels sont maintenant capables de nous proposer des machines performantes offrant des solutions efficaces pour polluer moins et consommer moins d’énergie. S’ils sont encore marginaux, les produits high-tech écolos sont de plus en plus nombreux à voir le jour. Aujourd’hui ils nous suivent partout : à la maison, au bureau, lors de nos déplacement.
Voici un top 10 de produits high-tech écolos:
Récapitulatif des caractéristiques:
Téléphone Samsung Blue Earth S7550: Premier téléphone mobile solaire. Coque fabriquée à partir de bouteilles recyclées. Batterie fonctionne grâce à des capteurs solaires. Propose application Ecomètre qui permet de calculer les économies de CO2 chaque fois que vous marchez au lieu de prendre la voiture. Prix : environ 300 euros.
Netbook Sony Vaio W21 : Châssis composé à 20% de CD et DVD recyclés. Livré dans un emballage minimal. Prix : 429 euros.
Ecran TV LCD Sharp : Ecran 26 pouces à Basse Consommation relié à un module solaire. Consomme un quart d’énergie en moins qu’un écran classique. Non disponible.
Chargeur solaire Bruton SolarPort 4.4 : Panneaux polycristallins dépliables. Capable de recharger 3 appareils en même temps grâce à ses 3 ports USB. Peut également recharger les piles et les batteries. Comptez quand même 4 à 6 heures pour une recharge optimale. Prix : environ 140 euros.
Lampe torche Dynamo ECO-600 : Fonctionne sans piles. Tirer la ficelle pour recharger la batterie. Lampe à 5 LED. Peut également être utilisée pour recharger les téléphones portables. Prix : 35 euros.
Clé USB ATP EarthDrive : Totalement recyclable. Fabriquée à partir de plastique recyclé. Une partie de la vente est revendue à l’American Global Forets qui lutte contre la déforestation aux Etats-Unis. Prix : entre 15 et 30 euros pour 1 à 8 Go.
Chargeur de téléphone conçu par le designer Conor Klein. Il se débranche tout seul. Boitier électronique qui s’insère dans la prise murale et se connecte à votre chargeur. Marche avec une minuterie et non pas une surveillance de la consommation pour pouvoir éjecter le câble une fois l’appareil chargé. Le câble d’alimentation s’éjecte automatiquement pour que la consommation d’énergie s’arrête. Non disponible.
Imprimante Inkless Prepeat : Fonctionne sans cartouche d’encre. Utilise une tête d’imprimante thermique comme les télécopieurs. Permet d’imprimer, effacer et réimprimer la même feuille de papier plus de 1000 fois. A utiliser avec un papier spécial qui contient une fine couche de plastique. Prix : environ 2400 euros pour 1000 feuilles de papier et 4000 euros pour l’imprimante.
Clavier et souris en bois Micro Innovation : déjà vu mais reste un objet sympa qui propose un design différent et écologique. Equivalent à d’autres claviers classiques. Conçu en bois de bambou. Prix : 35 euros.
Voiture Tango T6000 : 100% électrique. Voiture deux place devant/derrière comme sur une moto. Deux fois moins large qu’une Smart. A pour ambassadeur George Clooney. Prix : 77000 euros.
Marie-Pia Gohin
