Réfugiés climatiques : une urgence sous-estimée

Une augmentation de la température terrestre de 2°Celcius d’ici la fin du siècle, c’est le minimum incontournable d’après les estimations du GIEC (Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Le changement climatique aura des conséquences dramatiques. Augmentation du niveau des mers, diminution des ressources d’eau potable, mousson asiatique de plus plus en violente et surtout des centaines de millions voire même 1 milliard de réfugiés climatiques en 2050 d’après l’ONG Christian Aid. Les États insulaires du pacifique, les bandes côtières, les glaciers, les zones du monde en danger sont nombreuses. Les pays du Sud seront les plus touchés mais les pays du nord ne devraient pas être épargnés avec une augmentation de l’occurrence de phénomènes climatiques extrêmes (ouragans, tempêtes,..).

L’ouragan Katrina l’a déjà prouvé en 2005. Avec les déplacements de population, c’est la culture et les traditions de centaines de peuple qui sont en danger. De plus la notion récente de « réfugiés climatique » reste à définir. Ces déplacements devraient causés de fortes tensions internationales dans les prochaines années. Ces réfugiés d’un nouveau genre n’ont pour le moment aucun statut, ils ne font l’objet d’aucune convention de droit international. Une situation qui nie la réalité. Les « réfugiés climatiques » existent déjà.

La carte suivante ne se veut pas exhaustive. Elle montre l’urgence de la situation dans certains points du globe.


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Question / Réponse avec Christel Cournil, professeur de droit public à l’université Paris 13

Que dit le droit international sur le statut des réfugiés climatiques?

- Le droit international est muet sur la question. Le « statut » de réfugié climatique n’existe pas au sens juridique du terme. La convention de Genève prévoit uniquement les migrations dues à des problèmes économiques ou politiques. Le facteur écologique n’est pas pris en compte. Les experts et le GIEC commencent à s’emparer de la question mais les divergences sont nombreuses. Une migration est souvent le fait de causes multiples. Les évènements sociaux s’entremêlent avec le facteur climatique. Une solution serait d’élargir la convention de Genève. Les pays peuvent aussi librement établir des accords bilatéraux. Mais tout les scénarios relèvent pour le moment du droit fiction. Les scientifiques n’arrivent pas à chiffrer précisément l’envergure prochaine du phénomène. La question est nouvelle. Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU serait l’institution la plus à même de faire respecter une législation internationale sur les réfugiés climatiques. Or l’organisme en est pour l’instant à l’étape de l’expertise. Des études empiriques (il en manque) sont en cours.

Pourquoi de tels obstacles?

L’enjeu est important. Les prévisions scientifiques sont très pessimistes. Des changements climatiques irréversibles pourraient bousculer durablement les modes vie. Accès à l’eau potable, déplacement de populations entières, réification des zones fertiles menacent d’amener de vives tensions partout sur la planète. La politique migratoire de l’Union Européenne est de plus en plus sécuritaire et isolationniste. Ce n’est pas le bon moment pour évoquer clairement le problème, ni en Europe ni aux États-Unis. Compte tenu de la responsabilité « historique » des pays du Nord dans le changement climatique. Beaucoup d’ONG et d’organisations internationales réclament un engagement fort des gouvernements occidentaux.

Les pays du Nord ne seront d’ailleurs pas épargnés par les évènements climatiques. L’exemple de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orleans en 2005 l’a prouvé.

collectif Argos a rencontré des familles de la Nouvelle-Orleans (Louisiane) exilés à Houston (Texas), il s’est aussi rendu dans ce qui restait de la ville « la plus Européenne des États-Unis ».

L’exemple de la Nouvelle-Orleans illustre parfaitement une remarque de Christel Cournil :

Les réfugiés climatiques seront principalement des « déplacés internes ». Ils ne traverseront pas nécessairement une frontière et resteront sous les lois de leur pays. L’intervention d’un État tiers auprès des populations de déplacés pour des raisons humanitaires ou politiques constituerait une ingérence indéfendable sur le plan du droit international.

, Cédric Faimali évoque le cas emblématique du Bengladesh.

« Réfugiés climatiques » du collectif Argos a amené Cédric Faimali au Tchad. Le lac Tchad perd dramatiquement sa surface, laissant les pêcheurs des quatre États qui l’entourent (le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun) dans la plus grande précarité.

Pauline Compan

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