Le web-Art

La culture est sur la toile. Aujourd’hui, sur le web, il est possible de visiter un musée ou une exposition virtuellement. On peut télécharger et produire de la musique sur internet et les films sont disponibles en ligne dès leur sortie au cinéma. Le web contribue tous les jours à rendre la culture accessible au plus grand nombre. Mais Internet est également un espace de création. L’art numérique est encore peu connu du grand public mais il se développe depuis une dizaine d’années. On le trouve sous forme de vidéos, sur youtube quand il s’agit de clips ou sous formes d’images, et d’animations sur les blogs et les sites d’artistes. Voici un petit aperçu de ce que l’on peut trouver sur la toile, à travers le travail de quelques web-artistes.

Robert Hales est graphiste de formation. Vous ne connaissez pas son nom, mais vous connaissez tous son travail. En 2006, il a réalisé en collaboration avec le dessinateur-illustrateur Bryan Louie, le clip de « Crazy » qui a fait le succès du groupe hip-hop-éléctro américain Gnarls Barkley. Le concept : le test de Rorschach, ou test “des tâches d’encre” utilisé par les psychologues. Dans le clip, les taches d’encre sont animées et morphées et se transforment successivement en différents animaux, différents objets, en passant par les visages des membres du groupe. Véritable performance numérique et artistique, cette vidéo a été récompensée par les MTV vidéo music awards en 2006 dans les catégories « Meilleure réalisation » et « Meilleur montage ».

Dans le domaine de l’animation numérique : Chris Milk est une pointure. Il a travaillé pour de nombreux artistes tels que Pharrell Wlliams, Kayne West, mais aussi U2, Courtney Love, et pour Gnarls Barcklay, lui aussi. Il faut préciser que les artistes Hip-Hop ont contribué à populariser l’art numérique en étant constamment à la recherche d’une esthétique pointue et décalée dans leurs clips (Spaz de N.E.R.D, Chopped and Screwed de T-Pain).

Dans le clip Gone Daddy Gone de Gnarlz Barkley, Cee-lo Green et Danger Mouse ont été caricaturés en petits insectes – et déambulent dans le pavillon démesuré d’une bimbo blonde.

Toujours dans le domaine du graphisme, mais cette fois, non-numérique, il y a BLU. BLU est un « street artist » anonyme. Il a commencé à graffer en 1999 dans les rues de la banlieue de Bologne en Italie avant de s’attaquer à des bâtiments. Blu marque les murs partout ou il passe (Sao Paulo, Berlin , Rome, Madrid, Belfast, Malte, Gaza, Mexico, Guatemala City, Managua, Costa Rica). A travers sa peinture il met en mouvement divers créatures qui se transforment, renaissent, se multiplie à l’infini dans une fresque mural monumentale quasi-ininterrompue.

Enfin, plus ludique et vraiment impressionnant, le projet collaboratif zoomquilt emmène les internautes dans un voyage surnaturel et coloré. Le projet Zoomquilt II a été réalisé en 2007, grâce à la collaboration d’une quinzaine de web artistes qui ont imaginé les différents univers de ce parcours numérique.

L’art numérique se décline sous de nombreuses autres formes : photographie, paysages numérique, parodies et détournements.

Les curieux pourront visiter :

www.art-numerique.net

www.rtmark.com : spécialistes du détournement, réalisateur des sites du Front de libération de Barbie ou d’un faux site de campagne de George W. Bush

www.aec.at/festival_about_en.php : le site du festival Ars Electronica

www.rolitoland.com : site d’un web-artiste français spécialiste des Toyz,  le flash et les jeux vidéos

Zoé Lemasle

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